Marie de la Ferre

Marie de la Ferre, cofondatrice des Religieuses Hospitalières de Saint-Joseph

Maison de Marie de la Ferre à Roiffé.

Enfance à Roiffé

Marie de la Ferre est née en 1589 à Roiffé aux confins du Poitou, région qui sera marquée par les guerres de religion mettant aux prises catholiques et protestants. Son père René de la Ferre, récemment anobli par le roi Louis XIII, avait épousé Marie Le Thellier de la ville de La Flèche en Anjou. Benjamine d’une famille de quatre enfants, Marie manifeste très jeune, le goût des choses de Dieu. Sa mère lui inculque une profonde dévotion mariale, l’amour et le respect du Dieu de l’Eucharistie.

Maison de Marie de la Ferre à Roiffé.
Plaque sur la maison de Marie de la Ferre à Roiffé.

Dans le contexte familial, la jeune Marie est témoin de discussions animées sur les conflits de religion et déclare en toute sincérité : « Je veux connaître le Dieu des catholiques. »

Plaque sur la maison de Marie de la Ferre à Roiffé.
Façade du manoir du Grand Ruigné près de La Flèche.

Marie se trouve orpheline de mère à onze ans, mais sa gouvernante l’instruit sur la foi et l’invite à prier et à imiter Jésus. Son père se remarie bientôt à une calviniste convaincue, et après un certain temps, il confie sa fille à sa tante maternelle Madame de Goubitz qui habite au manoir de Ruigné, à proximité de la paroisse Sainte-Colombe et à quelques kilomètres de La Flèche.

Façade du manoir du Grand Ruigné près de La Flèche.
Maison de Marie de la Ferre à Roiffé.
Plaque sur la maison de Marie de la Ferre à Roiffé.
Façade du manoir du Grand Ruigné près de La Flèche.

Vie sociale et mondaine au Grand Ruigné

Au manoir de Ruigné, la vie sociale est très développée. Dans ce contexte, la jeune Marie profite de sa liberté et se laisse prendre par les mondanités; elle perd le goût des choses de Dieu.

Toutefois, malgré ses succès mondains, elle ressent solitude et vide… Elle s’en ouvre au curé de Saint-Quentin qui lui donne deux enseignements : Seul Dieu compte et les prétentions mondaines n’ont qu’un temps.

Une femme saisie par Dieu

Le 22 juillet 1607, elle a alors 18 ans, Marie de la Ferre vit une expérience spirituelle très forte au cours d’une Eucharistie. Le Seigneur se rend présent à elle avec force et puissance. À compter de ce jour, Marie entre dans une vie d’intense recherche de Dieu. Elle quitte ses habits luxueux, ses bijoux et renonce à ses parfums. Un accompagnement spirituel régulier l’aide à faire preuve de ténacité face aux résistances de l’entourage qui n’accepte pas son changement de vie.

Une femme libre pour aimer et pour servir

Marie de La Ferre, en toute liberté, va être au service de ses proches, mais aussi de la paroisse et des pauvres du quartier de Sainte-Colombe à La Flèche.

Elle n’avait pas seulement soin de leur corps, mais aussi de leur âme. En ville, elle est appelée la «sainte demoiselle». Dans sa famille, c’est «la sainte tante».

À la mort de sa tante elle devient libre de disposer d’elle-même. Elle va vivre chez une pauvre femme, puis à la demande de sa cousine madame Bidault, elle vivra dans cette famille pendant huit ans poursuivant l’approfondissement de sa vie spirituelle et apostolique.

Vision des lits, dessin de Raynald Basque. Brochure de sœur Corinne LaPlante, 1986.

Une femme ouverte à la volonté de Dieu

En voyant vivre Marie de la Ferre, ses directeurs spirituels lui conseillent d’entrer dans la vie religieuse. Lorsqu’elle veut exécuter ce projet, par quatre fois, elle tombe malade…

Vision des lits, dessin de Raynald Basque. Brochure de sœur Corinne LaPlante, 1986.
1er Hôtel-Dieu de La Flèche, Recueil des Pièces authentiques.

En 1634, après la communion, une nouvelle expérience spirituelle va préciser la vocation de la pieuse demoiselle : elle se voit dans une salle spacieuse avec quantité de lits. Elle consulte Jérôme Le Royer, qu’elle connaît déjà. L’un et l’autre partagent leur vision commune. «Mademoiselle, lui dit-il, Dieu veut se servir de nous pour l’établissement d’une nouvelle communauté.»

1er Hôtel-Dieu de La Flèche, Recueil des Pièces authentiques.
Vision des lits, dessin de Raynald Basque. Brochure de sœur Corinne LaPlante, 1986.
1er Hôtel-Dieu de La Flèche, Recueil des Pièces authentiques.