Jérôme Le Royer de la Dauversière

Jérôme Le Royer de la Dauversière, fondateur des Religieuses Hospitalières de Saint-Joseph

Photo : JLR Maison de Jérôme Le Royer, façade rue de l’Ave à La Flèche. Dessin de Charles Mennetrier, 1938. Tirée du livre de Camille Bertrand, Monsieur de la Dauversière, 1947.

Percepteur d’impôts, père de famille et chrétien engagé

Né à La Flèche, en France, le 18 mars 1597, Jérôme Le Royer de la Dauversière était le fils de Jérôme Le Royer de la Dauversière, percepteur d’impôts, et de Rénée Oudin. Il avait un frère nommé René, futur sieur de Boistaillé, et une sœur nommée Marguerite.

En 1608, vers l’âge de onze ans, le jeune Jérôme s’inscrit au Collège Henri-IV de La Flèche où il complètera ses études classiques sous la haute direction des pères jésuites. À la mort de son père, en 1619, Jérôme lui succède comme percepteur d’impôts. En 1621, il épouse Jeanne de Baugé, fille de Michel de Baugé et de Marie Aubert de Saint-Pavin de la Cité au Mans. Ils auront cinq enfants : Jérôme, l’aîné qui se marie et a des enfants qui assureront la continuité de la lignée. Joseph et Ignace seront prêtres alors que Jeanne et Marie deviendront religieuses. Sa grande maison est accueillante autant pour les pauvres que pour des logeurs comme Pierre Chevrier, baron de Fancamp, un ami indéfectible qui appuie Jérôme Le Royer dans toutes ses entreprises.

Jérôme Le Royer est un chrétien engagé, membre du Tiers Ordre franciscain et de la confrérie du Saint-Sacrement. Au collège il a fait partie de la Congrégation de la Sainte-Vierge, sous le titre de la Purification. Plus tard, afin de promouvoir la dévotion à saint Joseph, Jérôme fonde une confrérie de la Sainte-Famille dont feront partie les premières filles hospitalières de La Flèche.

À partir de 1630, Jérôme Le Royer reçoit de Dieu deux grandes missions : fonder une communauté de Filles hospitalières et établir une colonie française dans l’Île de Montréal, au Canada.

Notre-Dame-du-Chef-du-Pont. Petite statue datant du XVIIe siècle, conservée dans l’église Saint-Thomas de la Flèche.

Fondateur d’une communauté de Filles Hospitalières de Saint-Joseph

Le 2 février 1630, jour de la purification, dans la chapelle de Notre-Dame-du-Chef-du-Pont, Jérôme Le Royer, animé d’une grande ferveur après avoir communié, se sent appelé à fonder une congrégation de filles hospitalières pour le service des pauvres malades dans l’ancien aumônerie ou Maison-Dieu de La Flèche.

Manifestation de la Sainte Famille à Jérôme Le Royer à Paris en 1635. Tableau de Gaetano Valerio, 1954, pour la maison Notre-Dame-de-l'Assomption, Vallée-Lourdes, N.-B. Collection des RHSJ à l’Académie Sainte-Famille, Tracadie, N.-B.

Homme d’action : Initiateur d’un établissement français à Montréal

Monsieur Le Royer est l’homme d’affaires, le procureur pour la communauté des Filles Hospitalières de Saint-Joseph.

Il prend en charge les nouvelles fondations : en 1650, la communauté essaimera à Laval et à Baugé, puis en 1651, à Moulins dans l’Allier. En 1659, Monsieur Le Royer désignera trois hospitalières pour seconder Jeanne Mance à l’Hôtel-Dieu de Montréal.

Portrait de Jérôme Le Royer de la Dauversière, avec en main l’Acte de cession de l’île de Montréal. Tableau signé Émile Vézina, commandé pour le livre Monsieur de la Dauversière, 1947, par Camille Bertrand.

Le second volet de la mission de Jérôme Le Royer prend forme à peu près en même temps et découle aussi d’une inspiration divine. En février 1635, à Notre-Dame de Paris, Monsieur Le Royer se trouve en présence de la Sainte Famille et entend Jésus lui dire : « Vous serez désormais mon serviteur fidèle. Je vous revêtirai de force et de sagesse, vous aurez pour guide votre ange gardien. Travaillez fortement à mon œuvre, ma grâce vous suffit et ne vous manquera point. »

Dès lors, ses projets d’abord qualifiés de « pieuses chimères » par ses conseillers sont pris au sérieux. Monsieur Le Royer se sent appelé à fonder dans l’île de Montréal, en amont de la petite ville de Québec dans le fleuve Saint-Laurent au Canada, une colonie où autochtones et colons français vivraient en harmonie. Jérôme passe à l’action dans un grand esprit de foi et d’abandon.

Hôtel-Dieu de Montréal, rue St-Paul, en 1694. Plan tiré de l’Histoire de L’Hôtel-Dieu premier Hôpital de Montréal, par Sœur Maria Mondoux.

Même s’il n’ira jamais en Nouvelle-France, Jérôme Le Royer a consacré beaucoup de temps et d’efforts, entre 1635 et 1659, à titre de principal initiateur d’un projet d’établissement d’une colonie française dans l’île de Montréal. Avec son collaborateur et fidèle ami, Pierre Chevrier, baron de Fancamp, Jérôme fait l’acquisition de l’île de Montréal et met sur pied l’établissement en collaboration avec Jean-Jacques Olier. En tant que procureur de l’établissement dans l‘île de Montréal, Jérôme Le Royer s’occupe du ravitaillement et recrute des colons qui signent des contrats de trois ou cinq ans.

Avec un grand esprit de discernement, Jérôme choisit Paul Chomedey de Maisonneuve comme gouverneur de Ville-Marie et sa collaboratrice Jeanne Mance, qui fonde et dirige un hôpital. En 1642, à Paris, Jérôme Le Royer et les membres de la Société des Messieurs et Dames de Montréal consacrent l’île de Montréal à la Sainte Famille.

Jérôme Le Royer bénit les trois sœurs hospitalières au départ de La Rochelle pour le Canada en juin 1659. Elles sont accompagnées de Jeanne Mance, de Marguerite Bourgeoys et d'une compagne. Tableau de Gaetano Valerio, 1954 pour la maison NDA, Vallée-Lourdes, N.-B. Collection des RHSJ à l’Académie Sainte-Famille, Tracadie, N.-B.

Le 29 juin 1659, Jérôme Le Royer assiste à la Rochelle au départ des trois premières Filles Hospitalières de Saint-Joseph qu’il a choisies pour desservir l’Hôtel-Dieu de Montréal au Canada. Le fondateur de Montréal n’est pas uniquement un homme d’entreprises. Sa vie, entièrement donnée au service de Dieu et des pauvres, exerce un rayonnement qui s’étend au-delà des frontières jusqu’en terre d’Amérique.

Jérôme Le Royer de la Dauversière, par Gaetano Valerio, 1954. Tableau en médaillon, entrée de la maison NDA, Vallée-Lourdes, N.-B. Collection des RHSJ à l’Académie Sainte-Famille, Tracadie, N.-B.

Homme de foi : serviteur fidèle de Dieu

Dom Oury, bénédictin, qui a étudié en profondeur la spiritualité et la vie de Jérôme Le Royer, le considère comme un « mystique tourné vers l’action ».

Grand priant, Jérôme est profondément attaché au Christ. Il déclare : « Dieu seul est mon tout. » Il n’a qu’un but, accomplir la volonté de Dieu en poursuivant la mission que le Seigneur lui a confiée. Il croit à l’impossible, tout en manifestant une grande docilité à l’Esprit et une profonde liberté intérieure.

Sans même savoir si ses Filles Hospitalières sont arrivées à Montréal, Jérôme Le Royer meurt à La Flèche, le 6 novembre 1659. Sa mission est accomplie : ses œuvres ont pris racine et se perpétueront à travers le temps. Montréal a survécu et les Hospitalières se multiplieront surtout à travers la France, au Canada, aux États-Unis et en Amérique latine.

Vie de Jérôme Le Royer en images

Jérôme Le Royer de la Dauversière est le fondateur des Religieuses Hospitalières de Saint-Joseph et le véritable fondateur de la ville de Montréal. C’est lui qui a choisi Paul Chomedey de Maisonneuve pour gouverner ce nouvel établissement en Nouvelle-France.

La reproduction de la vie de Jérôme Le Royer en images est un clin d’œil à la ville de Montréal, qui célèbre en 2017, son 375e anniversaire de fondation.

Afin de mieux faire connaître ce grand homme du 17e siècle, le Comité des fondateurs des Hospitalières de Saint-Joseph a réalisé une série de sept tableaux ou kakémonos aussi appelés bannières publicitaires intitulées, Jérôme Le Royer de la Dauversière (1597-1659) : Un destin peu ordinaire.

Des félicitations et des remerciements s’adressent à sœur Jeanine Blanche, présidente du comité, Jean Petit, Christophe Maillet et Marie-Thérèse Rivière, qui ont gracieusement approuvé la reproduction de ces magnifiques tableaux sur le site web de la congrégation.

Pour les voir, il suffit de cliquer sur l’image ci-dessous.

Belles découvertes!